Membre 2026

Né à Saint-Didier-sur-Chalaronne, dans l’Ain le 11 juin 1933, l’islamologue Daniel GIMARET, qui avait été élu membre de l’Académie le 30 juin 1995, au fauteuil de Jean HUBERT, est décédé à Ville (Oise), le 8 février 2026, à l’âge de 92 ans.

Normalien, agrégé de lettres classiques et docteur ès-lettres, Daniel GIMARET accomplit l’essentiel de sa carrière au sein de la Ve section de l’École pratique des Hautes Études, où il occupa, de 1973 à 1998, la direction d’études d’« Islamisme et religions de l’Arabie », à la tête de laquelle s’illustrèrent avant lui Louis Massignon et Henri Corbin, et dont l’intitulé fut modifié en 1980, à sa demande, en celui de « Théologie musulmane ». Président de la Société asiatique après avoir été rédacteur gérant du Journal asiatique de 1970 à 1993, il fut également durant cette période secrétaire scientifique de la section des langues et civilisations orientales du comité national du CNRS et siégea à la section des sciences religieuses. Il avait fondé le Bulletin critique des Annales islamologiques en 1983, et en assurait la direction. Il laisse derrière lui une œuvre importante qui comporte plusieurs ouvrages magistraux : Théories de l’acte humain en théologie musulmane, issu de sa thèse de doctorat d’État (1980), Dieu à l’image de l’homme (1997), ainsi que de nombreuses éditions critiques, souvent princeps, comme la toute dernière, celle de la Taḏkira fī aḥkām al-ǧawāhir wa-l-acrāḍ qui occupa ses dernières années d’activité scientifique et qui parut en 2009. Ses intérêts couvraient aussi bien la pensée muctazilite que celle du théologien arabe al-Ashc arī (873-935), dont il fit, dans La doctrine d’al-Ashc arī (1990), un exposé qui constitue une référence.