Fouilles archéologiques Mission archéologique française du Peramagron dirigée par Aline Tenu
Présentation
La Mission archéologique française du Peramagron a été créée en 2011 à l’initiative de Christine Kepinski (CNRS). Soutenue par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, elle étudie le site de Kunara au Kurdistan d’Irak et contribue à l’exploration archéologique de cette région autonome qui demeurait fort peu connue jusqu’aux années 2010.
La mission archéologique bénéficie de nombreux partenariats financiers et institutionnels au premier rang desquels la General Directorate of Antiquities and Heritage et la Slemani Antiquities and Heritage Directorate. L’équipe est composée de chercheurs, d’enseignants-chercheurs, de chercheurs post-doctorants et de doctorants, travaillant en France, en Belgique, au Royaume-Uni, à Chypre et en Espagne. Elle associe archéologues, dont des spécialistes de céramique, de lithique, de sigillographie, épigraphistes, géoarchéologues, archéobotanistes et archéozoologues.
Les dix campagnes de fouille que nous avons menées jusqu’à présent ont révélé que Kunara avait été un centre important à la fin du IIIe millénaire, vers 2200-2100 aec. À cette époque, le site abritait plusieurs édifices publics implantés selon un plan d’urbanisme préétabli et bâtis par des maçons maîtrisant différentes techniques de construction en terre. Kunara a livré un abondant matériel céramique, très varié dans ses formes, ses décors et ses fonctions. La découverte de coquillages marins, de pièces lithiques en obsidienne ou encore de moules destinées à la confection de lames en alliage cuivreux à Kunara même indiquent que le site se trouvait au cœur de réseaux d’échanges à longue distance. Des tablettes cunéiformes, mises au jour sur deux des chantiers, un sceau-cylindre et des scellements montrent par ailleurs un usage tout à fait inattendu de l’écrit et l’étendue des pratiques administratives. Un vaste espace cérémoniel composé de plusieurs bâtiments organisé autour d’une place occupait le centre de la ville basse. L’un de ces édifices a fait l’objet d’une clôture rituelle, réalisée selon une séquence complexe où alternaient dépôts de faune, bris de vaisselle et manipulation de feu. Vers 2100-2000 aec, Kunara fut violemment détruit par le feu.
Les problématiques scientifiques qui structureront notre recherche pour les prochaines années visent à comprendre la singularité de Kunara et du « monde Zagros » auquel il appartient en étudiant notamment les relations du site avec ses voisins, immédiats et plus lointains, les spécificités de son architecture et de son urbanisme, avec l’absence à ce jour des quartiers d’habitation, son organisation politique et administrative, ses modes de subsistance entre monde domestique et milieu sauvage et ses pratiques cérémonielles et rituelles.
Depuis sa création, la mission archéologique française du Peramagron a fait l’objet d’une importante couverture médiatique au Kurdistan d’Irak et de plusieurs articles de la presse scientifique, dont Carnets de science, Sciences et avenir et Pour la Science. Plus de soixante communications ont été données et une trentaine d’articles a été publiée par les membres de la mission.
Aline Tenu, chargée de recherche au CNRS
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- Figure 4
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- Figure 7
Légende des illustrations
◊ Figure 1. Pièce L. 692 depuis le nord-est (chantier E). Les murs sont construits avec un soubassement en pierre sous une superstructure en terre, faite de modules non séchés au soleil (Mission archéologique française du Peramagron).
◊ Figure 2. Le bâtiment monumental B. 1105 (chantier A) a été construit sur une plateforme artificielle. Certains de ces murs atteignent 2,80 m d’épaisseur (Mission archéologique française du Peramagron).
◊ Figure 3. Élément de parure à double spirale et épingles en alliage cuivreux (chantier B). Les doubles spirales sont communes dans les montagnes du Zagros et en Iran (Mission archéologique française du Peramagron).
◊ Figure 4. Scellement fragmentaire avec l’empreinte d’un sceau-cylindre (chantier C). Sur ce dernier était gravée une scène de présentation au dieu, un motif très répandu à la fin du IIIe millénaire (Mission archéologique française du Peramagron).
◊ Figure 5. Tablette M. 240 (chantier C) enregistrant des distributions de différents types de farine à plusieurs individus dont un appelé Gagaya et un autre Dannu (Mission archéologique française du Peramagron).
◊ Figure 6. Structure à cupules en terre durcie (chantier C). Ce type d’aménagement, rare dans le monde syro-mésopotamien, était probablement utilisé pour des activités cérémonielles (Mission archéologique française du Peramagron).
◊ Figure 7. Partie supérieure du crane d’un mouflon déposée avant le remplissage rituel d’un bâtiment de l’espace cérémoniel (chantier B). Il pourrait s’agir d’un trophée, exposé auparavant dans le bâtiment, ou du reste d’un sacrifice réalisé au moment du rituel de fermeture (Mission archéologique française du Peramagron).
Liens utiles
◊ Site de la mission archéologique : https://arscan.parisnanterre.fr/mission-archeologique-de-peramagron-kurdistan-irakien/
◊ Présentation du site sur le portail Grands sites : https://archeologie.culture.gouv.fr/proche-orient/fr/kunara
◊ Présentation du site par notre partenaire Eveha International : https://eveha-international.com/?page_id=4099






