Séances Vendredi 16 octobre 2026

– Note d’information de M. Daniel Delattre, sous le patronage du Secrétaire perpétuel Nicolas GRIMAL : « À l’automne 2026, où en est l’édition du PHerc.Paris. 4 ? »

 


 

– Note d’information de Mme Harilanto Razafindrazaka, sous le patronage du Secrétaire perpétuel Nicolas GRIMAL : « Archéologie funéraire, migrations et transmission culturelle à Madagascar. »

 

Résumé

La Mission Archéologique France–Madagascar (MAFMAD) conduit depuis 2023 des recherches sur l’histoire du peuplement malgache via l’archéologie funéraire, cherchant à distinguer ce qui relève du déplacement de populations de ce qui procède de la diffusion d’idées, de rites ou de formes politiques. Une attention forte est portée à l’éthique de terrain, au dialogue avec les communautés locales et à la formation des étudiants. 

Financé par le MEAE, le CNRS, l’IUF et, depuis 2025, par une ANR quadriennale, le programme réunit une équipe pluridisciplinaire internationale articulant fouilles de tombes sur les Hautes Terres et de grottes sépulcrales dans le nord-ouest avec des approches environnementales, des datations, l’étude du mobilier (autochtone et d’importation) et la biologie humaine (phénotype, pathologie, génétique et nutrition/environnement), le tout visant à appréhender les processus de diffusion culturelle. 

Nos travaux ont montré que Merina et Sakalava, qui ont façonné en partie l’histoire malgache, ne constituent pas des blocs séparés mais des groupes en interaction durable, avec des contacts anciens et des influences indo-musulmanes sur les Hautes Terres dès le XIIIe siècle. Les sépultures regroupées - Fito Miandalana- associées aux sites fossoyés ne se mettent en place que vers le XVe-XVIe siècle avec des sépultures de fondation culturellement étrangères aux élites merina postérieures. Dans le nord-ouest, les grottes sépulcrales livrent des occupations du XIIIe au XIXe siècle avec des cercueils monoxyles parfois remarquablement sculptés dont les origines culturelles restent à ce jour inconnues tandis que les traces d’une épidémie de tréponématose à partir de la fin du XVIIe siècle suggèrent de profonds changements épidémiologiques, peut-être liés aux premiers contacts européens sur les côtes.  

MAFMAD contribue ainsi à sortir l’histoire ancienne de Madagascar des catégories ethniques figées, en montrant que les sociétés historiques se sont construites par circulations, emprunts rituels, alliances et recompositions, dont les analyses culturelles, isotopiques et génomiques permettront désormais de mesurer l’ampleur. 

 

Mots clés : Pratique funéraire, diffusion culturelle, mobilités et migrations, peuplement de Madagascar, sociétés anciennes  

 


 

– Communication de M. François BOUGARD, correspondant de l’Académie : « Isidore de Séville, boîte à outils des manuscrits juridiques du haut Moyen Âge. »