Coupoles Dominique MICHELET: « Manières d’écrire, manières de lire dans la Mésoamérique préhispanique »

Dominique MICHELET: « Manières d’écrire, manières de lire dans la Mésoamérique préhispanique »

Si sont exacts les plus récents résultats publiés concernant la « dalle de Cascajal », avec ses 62 signes, ou glyphes, gravés sur l’une de ses grandes faces (36,5 × 21,6 cm), on doit alors considérer qu’une écriture existait déjà très probablement autour des années 1000 avant notre ère dans une partie du monde mésoaméricain.

L’histoire de l’écriture ou, plutôt, des écritures dans cette aire culturelle se serait donc développée sur au moins deux millénaires et demi avant l’arrivée des conquérants espagnols. On doit aussi préciser qu’il s’est agi de plusieurs écritures, bien distinctes, mises au point et utilisées successivement et/ou simultanément dans ce vaste territoire.

De fait, il faut savoir qu’au moment de la Conquête on parlait dans cette aire plus de soixante-dix langues, que l’on peut, il est vrai, regrouper en six grandes familles linguistiques — compte non tenu de quelques isolats — et qui forment un Sprachbund vraisemblable.

Les problèmes soulevés par les déchiffrements de ces écritures et les degrés atteints dans la lecture de chacune d’entre elles sont très divers, les écritures elles-mêmes étant variées dans leur nature, depuis le système phonétique maya, que l’on décrit comme « syllabo-logogrammique », jusqu’à ce que l’on a souvent considéré comme de pures pictographies.

Une particularité qui conduisit d’ailleurs l’immense, pénétrant et méthodique témoin de la société aztèque finale, Fray Bernardino de Sahagún, à ne pas parler d’écrits dans cette société, mais de simples pinturas.