Fouilles archéologiques Mission archéologique de Khorsabad (Irak)
Présentation
Comme toutes les grandes capitales assyriennes, la ville de Khorsabad, fondée par Sargon II et abandonnée par son successeur à sa mort en 705, reste largement inconnue. Les fouilles françaises (en 1842 et de 1851 à 1855) puis américaines (de 1929 à 1935) se sont concentrées sur les grands monuments, temples et palais de la citadelle, et sur les portes de la ville. Le programme citadelle de Sargon initié en 2019 a pour objectif de faire une évaluation du potentiel archéologique du site, gravement endommagé par les conflits récents, notamment la guerre contre Daesh.
Ce programme comprend une modélisation du site afin de réaliser un diagnostic préliminaire de l’état des vestiges, une prospection systématique du site combinant ramassage de surface et prospection magnétique, une série de sondages dans le but de s’assurer de ce potentiel archéologique dans la ville.
Trois campagnes se sont déroulées sur le site de 2021 à 2023. Les premiers résultats de ces travaux sont la cartographie exhaustive du site, en particulier des installations militaires et des restes possibles de canaux et fossés, l’identification par prospection magnétique d’au moins six grands édifices dont deux palais de 13 000 mètres carrés, ainsi que d’ouvrages avancés de l’enceinte est du site. Un sondage mené en 2023 dans un de ces édifices a confirmé la présence de vestiges monumentaux très bien conservés. Les éléments structurant cette ville royale émergente ainsi peu à peu, dessinant autant de perspectives de recherches pour l’avenir. La durée d’occupation du site a pu être précisé et s’avère beaucoup plus longue que prévu, du IIᵉ millénaire avant notre ère à l’époque séleucide. Un sondage mené sur la porte six de la ville repérée par Victor Place, mais non documentée, a permis de dégager la statue monumentale d’un taureau androcéphale toujours in situ, remarquablement bien conservé. L’étude de son contexte a été entamée avec le dégagement d’une voie pavée remarquablement bien conservée sur plusieurs dizaines de mètres de long.
Enfin, à la suite de l’étude de la topographie de la zone du grand palais royal, deux sondages ont révélé l’ampleur des vestiges encore conservés, confirmés que les fouilles menées dans ce secteur avaient laissé intactes des zones entières du palais. La découverte de briques inscrites, fragments de briques à glaçure, de peintures murales sur briques crues et de bas reliefs témoignent de l’ampleur du potentiel archéologique du seul palais royal néo-assyrien qui n’a pas été affecté par les destructions de Daesh.
L’ensemble de ces résultats est donc très prometteur. Les travaux à l’avenir vont se concentrer sur la compréhension de la structure urbaine et l’exploration par sondage des divers bâtiments repérés, afin de mieux saisir quel fut le grand dessein du roi Sargon II et sa postérité.
Pascal Butterlin
Professeur d’archéologie du Proche-Orient ancien à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, UMR 7041 Arscan-équipe du village à l’État. Directeur d’études cumulant à l’École pratique des Hautes Études, Vᵉ section.
Adresse mail : pascal.butterlin@univ-paris1.fr
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