Fouilles archéologiques Mission archéologique France-Madagascar (MAFMAD), dirigée par Mme Harilanto Razafindrazaka

Questions de recherche et objectifs de MAFMAD 

 

Fondée en 2023, la Mission archéologique France-Madagascar (MAFMAD) s’inscrit dans le prolongement d’une coopération scientifique franco-malgache de longue date. Bien que les connaissances sur les populations contemporaines de Madagascar aient connu des avancées majeures ces dernières décennies, les dynamiques du peuplement ancien de l’île et les groupes humains qui l’ont façonné restent largement méconnus. Depuis les années 1970-1980, de nombreuses questions archéologiques, à peine effleurées, sont restées en suspens, faute d’études approfondies ou de débats renouvelés. 

 

Pour combler ces lacunes, la Mission archéologique France-Madagascar – MAFMAD – s’appuie sur des données pluridisciplinaires issues de l’archéologie funéraire, de la paléobiologie, de l’environnement, afin d’éclairer l’histoire du peuplement ancien de Madagascar et les dynamiques d’évolution des sociétés malgaches jusqu’à la fin du XIX siècle. 

 

Parmi les questions les plus persistantes figure celle des Vazimba, décrits dans les récits mythiques et les traditions orales comme un groupe ancien antérieur à l’arrivée d’autres groupes dominants. Notre objectif est d’identifier, et documenter région par région, en commençant par les Hautes-Terres centrales, les éventuelles traces archéologiques, génétiques et culturelles de cette strate de population. Il s’agit de préciser son rôle potentiel dans l’histoire du peuplement de l’île ainsi que son héritage au sein des sociétés ultérieures. Qui étaient ces groupes ? Comment les caractériser à travers nos approches interdisciplinaires ? Peut-on reconstituer leurs modes de vie, leurs pratiques funéraires, ou leurs interactions avec les populations ultérieures ? 

 

Les premiers travaux de la mission, menés dans les Hautes-Terres centrales, ont révélé des pratiques funéraires particulièrement d’une grande diversité, datées entre le XIVᵉ et le XVIIᵉ siècle. Cette période, bien que proche de la fin du Moyen Âge européen, reste méconnue. Nos découvertes permettent notamment d’avancer des hypothèses sur les origines du famadihana plus anciennes, ce rituel d’exhumation et de retournement des morts, qui témoigne de mutations significatives au sein des sociétés anciennes. 

 

Parallèlement, la mission explore les grottes sépulcrales de plusieurs baies du Nord-Ouest de l’île. Ces fouilles ont mis au jour des occupations datant de l’an mil, des sépultures associées à des mobiliers funéraires intacts et diversifiés dont des artefacts aux parallèles encore mal connus. Le site révèle également une épidémie de tréponématoses au XVIIᵉ siècle, attestée par des traces osseuses, probablement liée à des mutations environnementales mal documentées. Ce qui rend ce site particulièrement intéressant, c’est que certains traits funéraires observés semblent faire écho à ceux des Hautes-Terres centrales, malgré la distance géographique entre ces régions. Cette convergence ouvre des perspectives inédites sur les dynamiques de circulation culturel et échanges entre les régions de l’île. 

 

Ces données inédites ont permis d’élargir notre programme de recherche, autour d’une question centrale : comment les pratiques culturelles se sont-elles diffusées lors de la mise en place des sociétés malgaches ?Pour y répondre, nous croisons l’analyse des structures funéraires, des pratiques funéraires et mobiliers archéologiques avec des approches paléogénomiques et isotopiques des restes humainsCette convergence méthodologique vise à évaluer la part respective de la circulation des idées, des individus et des populations, dont des tracesépidémiologiques, comme les tréponématoses potentiellement liées à des mutations environnementales, pourraient éclairer les dynamiques de circulation des populations. 

 

C’est par la convergence des méthodes interdisciplinaires que nous entendons reconstituer la dynamique du peuplement de Madagascar et comprendre comment les différents groupes humains se sont rencontrés, mêlés et transformés au fil des siècles. 

 

Légende des illustrations

 

Figure 1. Vue du Site 4 Voromanga (2024) – Antananarivo © Patrice Gérard.

 

Figure 2. Site d’Akanga(2023) : site à fossé polygonal avec des tombes mégalithiques alignées en son sommet et en position centrale. © Patrice Gérard .

 

Figure 3. Vue générale de l’environnement des grottes sépulcrales (Région Sofia – Nord-ouest de Madagascar) (2025) © Patrice Gérard.

 

Figure 4. Région Bezanozano : Tombe d’enfant dit Vazimba en cours de fouille (2025). © Harilanto Razafindrazaka.

 

Figure 5. Région Bezanozano : tombe dit Vazimba (2025). © Harilanto Razafindrazaka.

 

Figure 6. Fouille de grotte sépulcrale (Région Sofia – Nord-ouest de Madagascar) (2024). © Patrice Gérard.

 

Figure 7. Vue de drone site des grottes sépulcrales (2024) (Région Sofia – Nord-ouest de Madagascar). © Patrice Gérard.

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