Séances Vendredi 14 juin 2024

– Communication de Mmes Marie-Laure Derat, directrice de recherche au CNRS et Claire Bosc-Tiéssé, Directrice de recherche au CNRS et directrice d’études à l’EHESS, sous le patronage de Mme Françoise BRIQUEL-CHATONNET : « Lalibela, le dernier témoin. Échanges locaux et circulations régionales jusqu’au XIVe siècle. »

 

Résumé

À partir des travaux menés depuis 2009 par une équipe dirigée par Claire Bosc-Tiessé et Marie-Laure Derat, la communication intitulée « Lalibela, le dernier témoin. Échanges locaux et circulations régionales jusqu’au XVe siècle » propose une exploration approfondie du site de Lalibela en Éthiopie, visant à redéfinir sa place dans l’histoire médiévale, régionale et internationale. Si les églises rupestres de Lalibela sont traditionnellement associées au roi Lalibela du XIIIe siècle, les résultats liés aux fouilles archéologiques ont permis de repousser l’horizon chronologique de l’occupation du site en amont. En se fondant sur ces nouveaux jalons, l’étude présentée ici envisage autrement le site de Lalibela : non comme le marqueur de la fin de siècles obscurs, mais plutôt comme un point d’aboutissement d’évolutions culturelles, artistiques, religieuses, mêlant traditions locales et emprunts régionaux. Quatre types d’artefacts sont analysés pour supporter cette hypothèse : les peintures, les sculptures, les manuscrits et les monuments eux-mêmes. Leur analyse permet de mettre en lumière les témoignages les plus anciens et d’identifier différentes strates d’évolution du site de Lalibela, auxquelles correspondent des innovations stylistiques et des tentatives de re-créations d’artefacts sur des modèles anciens. Lalibela apparaît ainsi comme le conservatoire pétrifié, mais vivant de traditions artistiques et religieuses locales et régionales, témoignant d’une continuité et d’une transformation culturelle allant de l’époque aksumite à la période médiévale tardive.

Mots clés : Éthiopie, Lalibela, Waša Mikāʾēl, rupestre

 

 

Abstract

Based on work carried out since 2009 by a team led by Claire Bosc-Tiessé and Marie-Laure Derat, the paper entitled “Lalibela, the last witness. Local exchanges and regional circulation up to the fifteenth century” proposes an in-depth exploration of the site of Lalibela in Ethiopia, with the aim of redefining its place in regional and international medieval history. While the rock churches of Lalibela are traditionally associated with King Lalibela in the thirteenth century, the results of archaeological excavations have enabled us to extend the chronological horizon of the site’s occupation further back. Based on these new milestones, this study offers a different view of the site of Lalibela: not as the marker of the end of the so-called dark ages, but rather as the historical culmination of cultural, artistic and religious developments, combining local traditions and regional borrowings. Four types of artefacts are analysed to support this hypothesis: paintings, sculptures, manuscripts and the monuments themselves. Their analysis highlights the earliest testimonies and identifies different layers in the evolution of the Lalibela site, corresponding to stylistic innovations and attempts to recreate artefacts based on ancient models. Lalibela thus appears to be a petrified but living repository of local and regional artistic and religious traditions, bearing witness to continuity and cultural transformation from the Aksumite period to the late medieval period.

Keywords : Ethiopia, Lalibela, Waša Mikāʾēl, rock-hewn churche