Séances Vendredi 20 Novembre 2026

– Note d’information de Mme Sophie Gilotte, sous le patronage du Secrétaire perpétuel Nicolas GRIMAL : « Un fragment d’histoire de la frontière d’al-Andalus : Albalat (IXe-XIIe s.) ».

 


 

– Communication de Mme Valentina Vapnarsky, correspondant de l’Académie : « D’une écriture à une autre dans le monde maya ».

Résumé 

Parmi les bouleversements que provoqua la colonisation des Amériques, celui qui concernait les systèmes d’écriture n’est pas des moindres. Chez les Mayas en particulier, l’ancienne écriture glyphique fut extirpée et l’alphabet imposé. Les Mayas se l’approprièrent rapidement et s’en servirent dans leurs échanges avec les pouvoirs politiques et religieux coloniaux. Ils l’utilisèrent également pour consigner des textes propres, objets de circulation et de lectures internes, souvent clandestines, en maya surtout, mais aussi en espagnol ou en latin. Cette production se poursuivit des siècles durant et s’intensifia particulièrement au Yucatán (Mexique), au moment de la guerre des castes, une importante rébellion maya du XIXe siècle, qui se prolongea jusqu’au XXe. Ce contexte redynamisa un ensemble de pratiques scripturales qui restent, de nos jours, essentielles autant pour des textes prophétiques devenus fondateurs que pour la diffusion et régénération d’un corpus liturgique catholique mayanisé. En partant de formes mayas de « rénovation » (tu’umbéenkúunsa’al) de l’écriture, nous nous interrogerons sur les conceptions mayas de l’écrit, de ses rapports à l’oralité et à d’autres modes sémiotiques, cela autant aux époques récentes que sur la longue durée. 

Mots clés : Maya, écriture, copie, Yucatán (Mexique), rituel