Séances Vendredi 24 mai 2024

– Note d’information de M. Motia Zouihal, doctorant à L’École pratique des hautes études, sous le patronage de M.François DÉROCHE : « Mulāy Zaydān narrateur de sa victoire contre ses rivaux. Le texte du manuscrit Escorial 425 ».

 

Résumé 

Le sultan saadien Mulāy Zaydān (m. 1036/1627) est l’auteur de nombreuses notes qui figurent sur des volumes qui sont de nos jours conservés à l’Escorial : il en avait acquis certains, d’autres lui venaient de son père, Ahmad al-Manṣūr (1578-1603), ou de membres de sa famille. Le contenu de ces notes suscite un intérêt particulier tant la matière qu’elles offrent est neuve, mais malheureusement peu accessible car dispersée et difficilement datable. Un texte qu’il a tenu à porter de sa main sur le premier feuillet du manuscrit Arabe 425 de l’Escorial est sans doute le plus important. Sur un manuscrit qui avait appartenu auparavant à son frère et rival, al-Wathiq bi-Llāh Abū Fāris (m. 1018/1609), Mulāy Zaydān donne une version résumée du conflit qui l’opposa à ce dernier et aux autres membres de sa famille. C’est ce texte qui est présenté dans cette note, en le confrontant aux autres sources de l’époque saadienne.

Mots-clés :  Mulāy Zaydān – Abū Fāris  – manuscrits saadiens– manuscrit Arabe 425 Escorial- Ex-libris.

 

Abstract

The saadian sultan Mulāy Zaydān (d. 1036/1627) is the author of numerous notes that appear in volumes currently in the Escorial :  he had acquired a number of them, others came from his father, Aḥmad al-Manṣūr (r. 1578-1603), or from members of his family. The content of these notes is of particular interest as the material they offer is new but unfortunately not easily accessible because it is dispersed and difficult to date. A text he wrote on the Escorial Arabe 425 manuscript (fol. r1), is undoubtedly the most important. On a manuscript that had previously belonged to his brother and rival, al-Wathiq bi-Llāh Abū Fāris (d. 1018/1609), Mulāy Zaydān gives a short version of his conflict against the latter and other members of his family. It is this text that is presented in this note comparing it with other sources from the saadian period.

Keywords : Mulāy Zaydān – Abū Fāris – saadian manuscripts- Escorial Arabe 425 manuscript – Ex-libris.

 

 

– Communication de M. Flocel Sabaté, professeur a l’Université de Lleida, sous le patronage de M. Dominique BARTHÉLEMY : « Les ordalies dans les comtés catalans. Chronologie et signification. »

 

Résumé

Grâce à la nombreuse documentation conservée en Catalogne provenant du haut Moyen Âge, nous pouvons constater que le système judiciaire des comtés du nord-est de la péninsule ibérique part du modèle carolingien du VIIIe siècle, centré autour des comtes et évolue initialement vers une claire cléricalisation, en s’adaptant en même temps au nouveau cadre territorial fourni par l’expansion sur la frontière d’Al-Andalus aux Xe et XIe siècles, qui facilita une aristocratisation et l’adoption de formules féodales. Dans ce cadre, les jugements de Dieu arrivent à la fin du Xe siècle et continuent jusqu’à la première moitié du XIIe siècle. La demande initiale de l’accusé qui veut confirmer sa position au moyen de l’eau bouillante évolue vers l’imposition sur l’accusé par les seigneurs et les hauts ecclésiastiques accusateurs à la fin du XIe siècle. L’épreuve de l’eau chaude se justifie par la continuité avec la législation wisigothique, mais l’épreuve de l’eau froide, en revanche, est une nouveauté du XIe siècle. Elle a été appliqué en immergeant deux enfants mort-nés dans l’eau, un pour chaque concurrent. Au même temps, l‘aristocratisation du XIe siècle étendit la bataille. Le nouveau cadre juridique du XIIe siècle, avec la régulation de la féodalité par les usages et la réception du droit romain, déplace ces pratiques. Même la continuité de la bataille est maintenue pour gérer les conflits dans le domaine noble mais déjà en dehors du système judiciaire. Il faut comprendre les épreuves non pas tant comme une crise du système judiciaire mais comme un modèle adapté à une certaine adéquation entre l’Église et la société.