Séances Vendredi 26 juin 2026
– Note d’information de M. Didier Marcotte, sous le patronage de M. Dominique MULLIEZ : « Une épigramme d’Arrianos gravée sur le sphinx de Gizah ».
– Communication de M. Alessandro Garcea, sous le patronage de M. Marc BARATIN : « Une lacune historiographique : la formation du savoir linguistique romain entre perte et transmission ».
Résumé
Les histoires des idées linguistiques occidentales font remonter les origines de ce savoir à la Grèce antique : elles mettent en lumière les apports de Platon, d’Aristote, des stoïciens et des grammairiens alexandrins ; puis, après une brève mention de Varron, à l’époque de la Rome républicaine, ces reconstitutions sautent souvent plusieurs siècles pour se concentrer sur des figures marquantes de la grammaire tardive, telles que Donat et Priscien.
Un nouveau projet éditorial (LiTeRA ERC Advanced Grant 2023 – Horizon Europe no. 101141778). se propose de combler cette lacune en se penchant sur la période négligée de la formation et de la structuration du savoir linguistique romain entre le IIe s. av. J.-C. et le IIIe s. ap. J.-C. Les textes fondateurs de cette tradition ne subsistent qu’à l’état fragmentaire, dispersés dans les manuels normatifs, les commentaires et les lexiques de l’Antiquité tardive. Et c’est précisément cette dispersion qui jusqu’à présent a retardé l’établissement d’une édition critique complète et commentée.
L’analyse de ces matériaux conduit à reconsidérer le statut même du fragment : loin de préexister à sa découverte, celui-ci résulte d’une opération critique. Il ne s’agit alors pas de proposer une tentative illusoire de « résurrection » de ce qui a disparu, mais d’effectuer un travail de mise en perspective visant à comprendre le rôle des textes perdus dans la transmission des savoirs, à travers les réemplois et les reformulations qui en ont été faits. Les extraits conservés deviennent ainsi des points de condensation qui révèlent les dynamiques de la canonisation : ce que la postérité a retenu, interprété et intégré des efforts visant à organiser la langue latine et, à travers elle, à interroger les fondements du langage.
La présente communication se concentrera notamment sur le débat qui, à la fin de la République à Rome, a eu pour protagonistes Varron, Nigidius Figulus et César, et pour objet l’uniformité ou la disparité des catégories linguistiques par rapport aux désignations.
Mots-clés : grammairiens, fragments, Varron, Nigidius Figulus, César